lundi 27 août 2012

Pause


Voici enfin venu le moment du déménagement. L'appartement est devenu une jungle de cartons. Cette semaine sera très occupée mais je me fais une joie d'emménager dans notre première maison. Le temps de réorganiser nos nouveaux espaces, mon bureau et mes bibliothèques (ce qui ne sera pas une mince affaire...) et je reviendrai vite. D'ici-là, je vous souhaite une belle semaine et je vous dis à très bientôt.

jeudi 16 août 2012

Derrière l'église des Scalzi



En octobre dernier, j’ai eu la chance de découvrir un grand jardin potager dont je ne soupçonnais même pas l’existence. Il est situé derrière l’église des Scalzi et circonscrit entre le rio de la Crea, la calle Priuli dei Cavaletti et la gare Santa Lucia. Le terrain en planté de vignes et autre plantes potagères. Les frères Carmelitani Scalzi fabriquent notamment du vin et des produits à base de mélisse. Le portail était exceptionnellement ouvert j’en ai profité pour demander au responsable si je pouvais visiter le jardin. Une belle découverte!

« Un medicamento antispasmodico e stimolante prodotto ancor oggi dai Carmelitani è l’acqua di melissa, ricavata da una piantina erbacea perenne di gradevole odore di limone, un infuso di foglie raccolte al momento della fioritura mescolate a chiodi di garofano, noce moscata, coriandoli e radici di angeica. A coltivarla sono i frati degli Scalzi che nella seconda metà del secolo scorso hanno ricomprato parte dell’antico brolo tra la chiesa e la stazione ferroviaria. È un grande orto con la cavana che si apre sul rio de la Crea. Un alto muro e una calle lo separano dalla stazione, la cui area, come si vede nella pianta dell’Ughi, era un tempo coperta di orti. I prodotti locali erano molto apprezzati come ci testimonia l’Aretino con la sua golosa descrizione dell’insalata nostrana [...]. p. 91-92 Giardini segreti a Venezia.












Petite chapelle tout au fond du jardin

Vue aérienne



dimanche 12 août 2012

Intérieurs vénitiens

 Paru dans sur le blog La république des livres de Pierre Assouline le 12 août 2012

Venise derrière les murs


Enfin une étude sur Venise qui nous fasse grâce des clichés littéraires et historiques sur la ladite « sérénissime » ! Ce qu’elle a pu et peut encore en charrier… De quoi remplir des bibliothèques. Avec son projet, Isabella Palumbo Fossati Casa, maître de conférence d’italien à l’université de Picardie-Amiens, était à peu près sûre de combler une lacune car peu d’historiens se sont penchés sur l’habitat vénitien. Encore fallait-il aller regarder derrière les façades, fouiller les coffres, détailler les recoins, et ne plus se contenter du souvenir du Volpone de Ben Jonson et du Repas chez Levi de Véronèse, ou de ce que nous révèlent de ce décor intérieur les Noces de Cana ou de la Vénus d’Urbino. C’était l’objet même de sa thèse de doctorat à l’EHESS, réécrite et synthétisée avec un certain brio dans Intérieurs vénitiens à la Renaissance (375 pages, 32 euros, Michel de Maule).

« L’universel, c’est le local moins les murs ». Ce mot du poète portugais Miguel Torga n’a jamais été aussi vrai que dans l’effet de loupe exercé sur ce microcosme vénitien à la fin du XVIème siècle, soit à la veille de la décadence, encore que tous ne s’accordent pas sur le début de la fin. Il ne s’agit pas d’étudier le contenu des maisons uniquement pour lui-même, mais comme un moyen pour en savoir plus sur leur mode de vie : comment ils mangeaient et dormaient, comment ils se cultivaient et se distrayaient, et quelle image sociale ils voulaient donner d’eux. Car la maison vénitienne, casa aperta que n’annoncent pas nécessairement ses fenêtres étroites et fermées, est autant un lieu intime que celui de rencontres et de sociabilité. Seul un épluchage exhaustif d’un corpus documentaire cohérent permet cette coupe. Ce bonheur d’archives, elle l’a trouvé aux Archives d’Etat de Venise qui n’en est pas avare : les inventaires, abondants et détaillés, des biens recensés par les notaires entre 1570 et 1600 dans les maisons appartenant à des Vénitiens de toutes les couches sociales et professionnelles. Une mine d’informations contenues dans plus de 600 documents rédigés pour l’essentiel en latin, ainsi qu’en dialecte vénitien ou en italien ; l’auteur, elle-même
 issue d’une ancienne et grande famille vénitienne, confesse que le principal écueil de son travail fut le respect de la sémantique des termes employés pour décrire les biens. Si beaucoup sont des inventaires après décès, en trouve aussi à la suite de déclarations d’absence, de séparations de patrimoine en cas de cohabitation ou de mises sous tutelle pour troubles mentaux. La manière même dont les notaires travaillaient est intéressante : s’ils prenaient bien soin de relever la spécificité de chaque pièce, ils ne donnaient jamais ses dimensions ou son état. De quoi offrir au chercheur un reflet fidèle des 150 000 habitants que Venise, l’une des grandes villes européennes, comptait alors. 90% d’entre eux appartenaient au « petit peuple ». Ils vivaient dans toutes sortes d’habitats, de la maison d’une seule pièce telle qu’on en trouvait notamment dans le Ghetto, au palais des grandes familles. Les artisans, fer de lance du dynamisme vénitien, y sont scrutés selon la même méthodologie que les patriciens, lesquels représentaient 4,3% de la population à cette époque, soit un peu moins de 6500 personnes, qui avaient nom Trevisan, Grimani, Da Lezze, Bembo, Contarini-Fasan, Zorzi, Lipomano, Coronelli. Seuls sont exclus, et pour cause, les pauvres et misérables sans autre domicile à peu près fixe qu’une barque ou un quai sous un pont. Mais la grande peste de 1576 ne fit pas le tri dans les victimes.
Il y a bien des miroirs de verre étamé (dont la cité avait le quasi monopole), des soufflets incrustés de nacre, des chandeliers en bronze, du moins chez les plus fortunés. Les tableaux n’en demeurent pas moins le premier élément décoratif, l’objet le plus souvent rencontré dans cette riche enquête dans le passé, dénuée de nostalgie mais non d’empathie. On en retrouve la trace sinon la présence dans plus de 80% des demeures. Bien qu’ils soient souvent de faible valeur, sauf dans les grandes maisons aristocratiques où l’on jugeait indigne qu’un mur demeurât nu, le notaire ou son clerc prend soin

 

d’indiquer son emplacement. On s’en doute, les sujets religieux sont les plus souvent représentés : Madone, Annonciation, Dernier Repas avec les Apôtres, Rois mages, Résurrection de Lazare, Samaritaine, Nativité, Epiphanie… Puis viennent les sujets géographiques. Enfin, les turqueries et autres exotica, lointain reflet un siècle après du Mehmet II de Bellini qui marqua si profondément Proust. Les portraits sont d’ailleurs, avec les paysages et les vues de villes (vedute), les motifs allégoriques et l’apparition du nu, le signe d’une appartenance à une certaine élite. Presque toutes les maisons abritent des instruments de musique, souvent plusieurs à la fois : clavecins, épinettes,, luths, harpes... Pour ce qui est des objets usuels, à mi-chemin de l’utilitaire et du décoratif, les étains sont les plus nombreux. Le goût de l’or et de la dorure, celui du portrait, témoignent le plus souvent d’une volonté de se tirer vers le haut. Les grands coffres sont partout dans toutes les maisons, le plus souvent au pied du lit ; ils sont plus ou moins raffinés, et contiennent des bijoux et objets de différentes valeurs ; mais ils témoigneraient tous de la précarité et de la mobilité d’une civilisation bâtie sur l’eau, et d’une société où le souvenir de la bataille navale de Lépante (1571), qui vit la victoire décisive de la sainte ligue chrétienne formée par Venise et l’Espagne sur les Ottomans, est encore vivace.
L’historienne peut tirer des enseignements de toutes ces données, à une réserve près : les livres. Il est possible qu’ils aient fait l'objet d’inventaires séparés ; de plus, il n’est même pas certain que les notaires les aient considérés comme des biens ayant acquis leur identité car, le plus souvent, ni les titres ni les auteurs ne sont mentionnés, juste le nombre ; quand ils le sont, il s'agit le plus souvent des Epîtres, des Evangiles, des Méditations (c’est à dire les Confessions) de saint Augustin, et surtout de l’Orlando furioso de l’Arioste, best-seller dans une ville où l’imprimerie connaissait un essor remarquable. A noter que les apothicaires sont les seuls à mettre leurs livres en valeur pour des raisons sociales, manière d’exhiber ses connaissances. « Cosmopolitisme » est le maître-mot de cet étonnant instantané, le terme et la notion qui y reviennent le plus souvent. C’est dire qu’il en est le fil directeur. Le travail d’Isabelle Palumbo Fossati Casa permet de confirmer en l’illustrant merveilleusement comment la cité fut un point de contact entre Orient et à Occident ; la diversité d’objets venus de Turquie, de Perse, d’Egypte aussi bien que des Flandres ou d’Allemagne, en témoigne, de même que le choix des couleurs dans les tentures. Pour ne rien dire de certains mots du lexique courant qui doive à l’arabe : mastabè ou banc de pierre (« mastaba »), liuti ou luths (« al—ûd »), casa-fondaco ou caravansérail (« fonduk »)… Que de mappemondes chez ces commerçants ! Voilà. Et tout le reste est, non pas littérature, mais « bagatelle di poco valor » 
("Les noces de Cana" (détail), 1563 de Véronèse, Musée du Louvre; "Cesendello" d'après une lampe à suspendre du début du XVIème siècle, Musée du verre, Murano  ; "Le rêve de sainte Ursule", 1500, de Vittore Carpaccio, Galleria dell'Accademia, Venise)

Réf: http://passouline.blog.lemonde.fr/2012/08/12/venise-derriere-les-murs/

samedi 11 août 2012

Lecture d'été


Je viens de lire, que dis-je, de dévorer un roman en à peine deux jours! Il s'agit du roman Une Année à Venise de l'américaine Lauren Elkin. J'ai adoré! Une histoire bien menée,des personnages intrigants et attachants dont les vies s'entremêlent.


Il s’agit du premier roman de Lauren Elkin. Chose intéressante, il est paru en français alors qu’il n’est toujours pas publié en anglais. C’est grâce à l’initiative de Tatiana de Rosnay, qui a présenté le manuscrit de langue anglaise à son éditrice Héloïse d’Ormesson, que ce roman a pu voir le jour en France.

Extrait : « Au fil des mois, la forme de la ville, la logique de ses rues avaient émergé. Au début, je me croyais dans un labyrinthe. À présent je comprenais qu’il existait un schéma clair. Une longue artère  menait au campo central de la parrocchià et, de là, les rami – branches – filaient vers les canaux. Si Venise a une forme de poisson, alors les rues sont ses arêtes. Je n’empruntais plus les rami sans issue. Je savais qu’ils conduisaient à un canal, ne débouchaient que sur l’eau. C’est une chose étrange d’apprendre à connaître un lieu mythique. Une partie du mystère s’efface. Les campi, qui semblaient si beaux les premiers temps, n’étaient plus que des endroits où j’avais des souvenirs, des lieux en relation avec d’autres lieux. Le Campo San Barnaba était un passage obligé pour aller de chez moi au pont de l’Accademia.  Le Campo Santi Giovanni e Paolo : là où j’avais bu un verre avec Marco lors de notre premier weekend ensemble. Le ponte Lombardo : là où il m’avait embrassée pour la première fois. Le campo Santa Margherita près du super marché Punto : là où j’étais tombée et m’étais tordu la cheville.
Une certaine Venise s’était substituée à « Venise ». »

Quatrième de couverture
Laissant derrière elle son fiancé new-yorkais, Catherine Parrish s'installe à Venise pour se consacrer à sa thèse en histoire de l'art. Au gré des venelles et des vaporetti, de flâneries sur les Zattere en prosecco aux abords du Rialto, la brillante étudiante cède au charme ensorcelant de la cité des Doges. Marco, jeune gondolier, et Neva, mystérieuse Croate à la recherche d'une synagogue cachée, l'initient aux arcanes de la ville jaillie de la mer, hors des sentiers touristiques. Ces rencontres inattendues vont dévier le cours de l'existence rangée de Catherine. Amours clandestines et énigmes cabalistiques, Une année à Venise est une magnifique déclaration d'amour à la Sérénissime et la preuve que les relations humaines sont, comme cette cité flottante, sinueuses et imprévisibles. 

À propos de l'auteur: Née en 1978 et diplômée de Columbia University, Lauren Elkin est docteur en études anglophones à l’Université de Paris VII. Journaliste, elle écrit pour The Guardian, Bookforum, Five Dials et The Quaterly Conversation, et n+1, prestigieuse revue littéraire américaine. Parfaitement bilingue, elle vit à Paris.

jeudi 2 août 2012

Dans un jardin



Un petit coin de Santa Croce où il est agréable de se promener. 
Un petit coin truffé de petits jardins.